LES FAMILLES DURIEZ DE SECLIN 1594-1800

Jean Delattre

ACCUEIL

RETOUR

SUITE

 

 

 

 

LES FAMILLES DURIEZ DE SECLIN 1595-1820

ELEMENTS DE DEMOGRAPHIE HISTORIQUE POUR SECLIN ET SON DECANAT

 

Cette étude des familles Duriez[i] de Seclin, repose sur le  travail de Henri Hilarion Duriez[ii], administrateur de l'hôpital de Seclin et officier d'état-civil. Celui-ci a repris tous les actes de naissance, de décès et de mariage concernant les Duriez de 1595 à 1899. Les dates peuvent étonner ceux qui connaissent l'état actuel des registres paroissiaux de Seclin qui ne concernent plus que la période 1694-1792 avec des manques pour le premier tiers du XVIIIème siècle. De par ses fonctions et de la date de réalisation (fin du XIXème), Henri Hilarion Duriez a bénéficié des registres originaux qui furent détruits lors de la première guerre  mondiale. Il est certes dommage que Henri Hilarion se soit limité aux seuls actes concernant les Duriez…

 

Ce document se présente sous la forme de 32 pages manuscrites:

 

·       Naissances : 18 pages  de 1595 à 1885

·       12  pages de 1595 à 1790

·       6  pages de 1791 à 1885

 

·       Décès : 7 pages concernent de 1672 à 1790

 

·       Mariages : 7 pages de 1652 à 1898

·       4 pages de 1652 à 1790

·       3 pages de 1791 à 1898

 

La période 1596-1605 est incomplète pour  les naissances, les autres séries d'actes sont complètes.

Aucune explication pour l'arrêt de la transcription des décès en 1790, ceux-ci existent encore aux ADN.

Les registres paroissiaux de Seclin devaient donc commencer vers 1595 pour les naissances, 1672 pour les décès et 1652 pour les mariages.

 

         L'intérêt de cette étude est bien entendu de pouvoir déterminer des tendances et des modèles applicables à la ville de Seclin et aux autres paroisses de son décanat. Une histoire démographique de cette  région du Mélantois serait donc possible.

 

         J'ai apporté une restriction à cette étude, elle ne porte que sur la période allant de 1595 (1606) à  1820. A partir de 1820, nous sommes largement entrés dans la période contemporaine. Durant celle-ci les mouvements de population prennent tant d'ampleur que les méthodes d'analyse ne me semblent plus comparables et compatibles, d'où cette restriction à la période moderne[iii].

 

         Au cours de cette période 1606-1820, 924 actes concernant les familles Duriez de Seclin  sont rédigés :

 

 

 

Nombre d'actes

%

Naissances

566

62

Décès

243

26

Mariages

115

12

 



 

 


Périodes

Naissances

Décès

Mariages

Total

1595-1651

150

0

0

150

1652-1671

73

0

19

92

1672-1790

287

243

83

613

1791-1820

56

0

13

69

Total

566

243

115

924

 

 Répartition en nombre des actes en fonction des périodes de transcription.

 

 

Périodes

Naissances

Décès

Mariages

Total

1595-1651

100.00

0.00

0.00

16.23

1652-1671

79.35

0.00

20.65

9.96

1672-1790

46.82

39.94

13.54

66.34

1791-1820

81.16

0.00

18.84

7.47

Total

61.26

26.30

12.45

100.00

 

Répartition en % des actes en fonction des périodes de transcription.

 

 

Périodes

Naissances

Décès

Mariages

Total

1595-1651

2.68

0.00

0.00

2.68

1652-1671

0.67

0.00

0.17

0.84

1672-1790

2.43

2.06

0.70

5.19

1791-1820

1.93

0.00

0.45

2.38

Moyennes

2.52

2.06

0.68

5.26

 

Répartition annuelle des actes en fonction des périodes de transcription.

 

Les Naissances représentent 48% des actes, les décès 39% et les mariages 13%. Une extrapolation[iv] de ces chiffres peut  être appliquée afin de compléter le tableau des actes comme suit (les chiffres calculés sont en italique et de couleur rouge).

 

Périodes

Naissances

Décès

Mariages

Total

1595-1651

150

122

41

313

1652-1671

73

59

19

151

1672-1790

287

243

83

613

1791-1820

56

46

13

115

Moyennes

566

243

115

1192

 

Il est possible d'estimer que 267 actes sont absents (227 actes de décès et 41 actes de mariages) soit  22% de la totalité des actes, 48% des actes de décès et 26% des actes de mariages.

Ces chiffres sont le garant d’une fiabilité certaine du document, toutefois des oublis ou des erreurs sont toujours possibles. D’autre part les registres paroissiaux ne sont pas toujours tenus avec une grande rigueur par les prêtres. Toutes les naissances ne sont pas notées (en particulier les morts nés), et lors de grandes crises de mortalité (1694, 1709) quelques décès peuvent être oubliés.  Les mariages sont souvent les actes les plus surs surtout si un contrat de mariage les accompagne.

Les dates sont souvent fausses : déclaration tardive de naissance ou de décès, baptême tardif lui aussi et qui se confond de fait avec la date de naissance. [v]

 


                                       Les familles Duriez : un patronyme qui connaît son heure de gloire au XVII° .

 

 

 

 

La période 1650-1790 est celle où le nombre de tous les types d’actes sont connus. La courbe rouge indique le   total des actes concernant les familles Duriez. La courbe de tendance (en noir) montre clairement une régression des actes. Toutefois le niveau de 1790 est équivalent à celui de 1660. Un maximum est atteint entre 1680 et 1690. Deux baisses importantes de 1690 à 1710 et de 1750 à 1760.

Durant cette période la moyenne décennale est de 51,8 actes. La fin du XVII° siècle est une période de fort développement. Comme toutes familles, les famines de 1694 et surtout le redoutable hiver 1709 sont responsables d’un brutal coup d’arrêt. La reprise est lente et subit une nouvelle régression lors de la guerre de 7 ans menée par  Louis XV contre les Anglais et qui se termine par le traité de Paris en 1763. Les familles Duriez ne parviennent pas à retrouver une forte progression à la fin du XVIII° siècle.

 

La courbe de tendance des mariages reflète cette même tendance. Ces mariages concernent les garçons et les filles portant le patronyme Duriez. Le mariage contrairement aux autres actes est « volontaire », si les conditions pour fonder un foyer ne sont pas bonnes, celui-ci peut être reporté. Par contre après une crise de mortalité (1694-1710), le nombre des mariages peut augmenter très rapidement, le couple nucléaire reste l’élément de base de la société. Veufs et veuves se remarient souvent très vite (en quelques mois parfois) pour des raisons sociales mais aussi purement économiques.

 

 

 

La courbe des naissances montre également une nette tendance à la baisse. Cette courbe est  en dents de scie, les naissances sont liées aux conditions de vie. Chaque baisse importante du nombre des naissances est la marque d’une catastrophe humaine, guerre, famine ou épidémie : 1650, 1709, 1750. Un point  particulier la crise de subsistance (ou famine) qui touche la région durant 1694 ne semble pas affecter les familles Duriez. Une comparaison avec la commune de Seclin et celles de son décanat pourra seule montrer une exception familiale ou géographique.

Les crises sont marquées par une baisse des naissances et une hausse de la mortalité. Les premiers touchés sont les plus faibles : enfants, vieillards, malades et femmes enceintes. La baisse des naissances peut donc s’expliquer par la disparition des parents en âge de concevoir ou des mères enceintes. La conception peut aussi  connaître un recul témoin d’une crise mystique de pénitence souvent encouragée par l’Eglise.

 

 

Les sépultures sont en hausse, caractéristique d’un vieillissement de la population. La hausse brutale de 1694 prouve que la crise de subsistance a bien frappé les Duriez. Par contre la crise de 1709 stoppe une baisse mais ne provoque pas de hausse importante. La proximité des deux crises fait que les plus faibles sont décédés dès 1694.

 

 

 

L’accroissement naturel se calcule en soustrayant les décès des naissances. Les crises s’y marquent. Après 1740, cet accroissement est pratiquement toujours négatif  ou très proche de zéro. Entre 1670 et 1740, il ne le sera qu’en 1710.

 

 

 

 

 

Entre 1601 et 1820, sur 100 naissances il y a  en moyenne 54 garçons pour 46 filles.  Sur les 22  périodes considérées, 8 voient le pourcentage des garçons descendre en dessous des 50% ; à quatre reprises ce pourcentage atteint ou dépasse 70%. La disparition d’un patronyme est souvent liée à l’augmentation du nombre des filles dont la descendance prend le nom de l’époux. Dans le cas des Duriez, cette hypothèse ne peut être exclue mais ne peut pas être privilégiée. D’autres réponses peuvent être mises en avant : émigration, baisse de la fécondité, mortalité forte des adultes en âge de procréer, progression du célibat, durée trop brève de l’union.

 


A suivre……

 

Notes :

 

 



[i] La première mention des Duriez apparaît sur un cartulaire de l'hôpital de Seclin daté d'août 1249, la famille Delattre y est également mentionnée.

[ii] Ces documents m'ont été fournis par Madame Georgette Mouveaux et son mari…tous deux mes cousins…

[iii] D'autre part, la circonscription religieuse, base de cette étude disparaît avec la Révolution Française.

[iv] Simple extrapolation sans véritable rigueur mathématique, du fait du manque de références à ce stade.

[v] Sur le plan des mathématiques, de nombreuses études sont faites pour retrouver ces actes perdus.