LA SITUATION A LA FIN DE L’ANCIEN REGIME ET LES PREMIERS BOULEVERSEMENTS AU DEBUT DE LA REVOLUTION

Jean-Marie Courbet et Jean delattre

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LE CLERGE DANS LE DECANAT DE SECLIN

A LA FIN DU XVIII EME SIECLE

 

PRESENTATION

 

 

          Les [JD1] circonscriptions ecclésiastiques sont demeurées inchangées avec la conquête de Louis XIV; ainsi 125 paroisses du royaume de France dépendent de l'Evêque de Tournai. Elles sont regroupées en six doyennés, ceux de Lille, Lomme, Verwicq, Orchies, Saint-Amand et Seclin.

 

       Le doyenné de Seclin comprend 32 paroisses du Mélantois et du Carembault, qui sont deux des cinq quartiers de la châtellenie de Lille.

 

       L'autorité des prélats belges est acceptée sans difficulté par les populations françaises. Sous la dépendance immédiate de l'Evêque, le clergé particulièrement en pays flamand apparaît instruit et vertueux. Cependant, les évêques ne nomment qu'à une partie des cures, l'autre partie est réservée aux patrons, représentants de ceux qui jadis créèrent la paroisse, construisirent l'église, la dotèrent, et à qui  fut reconnu le droit de nommer le curé. La nomination de très nombreux curés du Nord appartient aussi aux monastères, qui parfois, c'est le cas de l'abbaye de Phalempin, prennent le curé parmi leurs membres.

 

       Le rôle du clergé est très important. Dans sa paroisse, le curé, en principe inamovible, assure outre les besoins spirituels de ses ouailles, l'état-civil, surveille l'enseignement, choisit l'instituteur et le chantre. Très nombreux, le clergé régulier occupe une place de premier plan, décimateur, collateur de cures, souvent très riche. A Seclin siège le chapitre de Saint- Piat, à Phalempin, les religieux de saint-Augustin, de nombreuses religieuses desservent les hôpitaux et hospices.

 

       Le clergé de la région lilloise possède généralement moins de 10% du sol. Dans le Mélantois et le Carembault, et ce malgré la présence de la collégiale Saint-Piat, ses domaines n'excèdent un cinquième du sol dans aucun des villages. Face au clergé du Cambrésis, propriétaire de 40% des terres, celui de la Flandre apparaît relativement défavorisé. Pour les quatre provinces, Cambrésis, Avesnois, Ostrevent et Flandres, les domaines de l'église atteignent 110 000 hectares. Les revenus des abbayes sont immenses pour certaines, comme l'abbaye de Saint-Amand, et plus modestes pour d'autres, ainsi l'abbaye de Saint-Christophe de Phalempin avec 18 000 livres de rentes.

 

       A la fin de l'ancien Régime, la situation financière s'est considérablement dégradée dans les monastères; les très importantes aumônes auxquelles a dû consentir le clergé, en sont en partie responsables. Le Concordat n'était pas en vigueur en Flandre, mais le roi s'efforçait par tous les moyens d'y introduire la commende, et il avait imposé de lourdes pensions sur les riches abbayes. Le 25 juillet 1783, un arrêt du conseil met sous séquestre les biens des couvents belges supprimés par  Joseph II. Beaucoup des membres de la noblesse et du tiers pensent à prélever sur les biens des monastères de quoi faire vivre religieux mendiants et curés, les surplus devant aller aux pauvres et aux écoles. On pense également à en retenir une part pour l'état. Cette idée selon laquelle l'excédent de richesses doit servir à tous, se développe de plus en plus à la fin du XVIII ème siècle. A cela s'ajoute une crise de vocations, qui fait que les abbayes et couvents voient diminuer régulièrement le nombre de leurs membres.

 

       Les rapports entre réguliers et séculiers se détériorent de plus en plus. Scandalisés de la richesse des réguliers et du haut clergé séculier, les curés entrent souvent en conflit avec les décimateurs. Ils les accusent, souvent à juste titre, de laisser tomber en ruines églises et presbytères. Réduits à la portion congrue, curés et vicaires sont le plus souvent misérables. Cette portion congrue doit être par définition compétente et suffisante pour permettre au curé de vivre rationnellement. Un édit du 2 septembre 1786 la fixe à 700 livres.

 

On peut donc parler de deux ordres dans le clergé, celui des prélats et abbés, aristocratique et très riche, et celui beaucoup plus nombreux des curés et vicaires, roturier et généralement pauvre.

 

       Cette situation se retrouve dans la région du Nord et dans le doyenné de Seclin. La crise religieuse que connaît le royaume aurait sans doute pu être endiguée sans les évènements politiques. La crise révolutionnaire qui va bouleverser le pays va modifier entièrement les structures du clergé. Faute d'avoir su se réformer à temps, l'organisation ecclésiastique d'Ancien Régime va disparaître.

 

CHAPITRE I

 

LA SITUATION A LA FIN DE L'ANCIEN REGIME

LES PREMIERS CHANGEMENTS APPORTES PAR LA CRISE REVOLUTIONNAIRE

 


La situation à la fin de l’Ancien Régime.

 

Dans le doyenné, la Collégiale Saint-Piat de Seclin occupe une place de premier plan.

 

       Le chapitre est composé de vingt chanoines prébendes.

 

       A la tête du chapitre se trouve le prévôt ; celui-ci est tenu à résidence, il doit être prêtre ou s'engager à recevoir le sacerdoce. Ses revenus à la fin du XVIII ème siècle sont de 2000 livres. Le fait est mentionné dans le troisième registre capitulaire en date du 15 juin 1787.

 

       Le dernier prévôt du chapitre est François Louis de Carondelet de Thumeries.  Il est nommé par lettre royale du 2 avril 1786, celle-ci est acceptée par le chapitre le 27 mai, et il prend possession de son office le 5 juin. Né le 29 août 1753, Carondelet descend d'une des grandes familles de la région, chevalier, seigneur de la mairie de Thumeries, du Bois à Phalempin.

 

       Le second dignitaire du chapitre est le doyen. Celui-ci est élu par les chanoines réunis en chapitre et soumis à la confirmation de l'évêque de Tournai. Lui seul a droit de présider les assemblées capitulaires, sa dignité n'est compatible avec aucun office, aucune commission hormis la grande recette. Cependant le doyen n'exerce qu'un droit de primauté parmi ses égaux, la supériorité appartient en tout au chapitre. Par exception, il nomme seul aux cures de Tressin et Wahagnies. Ses revenus sont modiques par  rapport aux charges, et en 1778, on voit le chapitre solliciter de Tournai, l'union de la chapelle du Plouich à la dignité.

 

       Charles Antoine Desbiez est élu doyen le 8 novembre 1784. Il avait été nommé chanoine de Seclin par Louis XVI le 23 juin 1775, en don de joyeux avènement ; le 30 avril 1784, il était porté à la troisième dignité du chapitre, celle de chantre.

 

       C'est le chantre qui remplace le doyen en cas d'absence ou vacance ; il est élu par le chapitre et les revenus de sa charge sont fort modiques. En 1775, on unit à sa dignité, la chapelle Notre-Dame du Maisnil.  A Charles Antoine Desbiez succède Alexandre Joseph Briez, précédemment écolâtre, chanoine de Seclin depuis le 20 mars 1779.

 

       La quatrième dignité, celle d'écolâtre, est plus honorifique que lucrative. A Alexandre Joseph Briez, succède le 10 janvier 1785 Jean-Baptiste Joseph Duriez.

 

       C'est en fait le doyen qui assure la direction effective de la Collégiale. Cet état des choses ne convient pas toujours au prévôt. En 1787, le doyen Desbiez rappelle que "le prévôt n'a jamais eu entrée, séance et voix au chapitre comme capitulant et moins encore la présidence". Les chanoines s'engagent en effet lors de leur prise de possession, à obéir au doyen et au chapitre et non au prévôt, les chapitres généraux et actes capitulaires ne mentionnent jamais ce dernier. Il est dans les usages de regarder chapitre et prévôt comme deux parties séparées dont les intérêts peuvent être différents, au contraire le doyen n'est jamais séparé de son corps, il figure  toujours à la tête comme n'ayant avec lui que des intérêts communs. C'est donc le doyen, qui en pratique est le premier personnage de la Collégiale, même si, dans les cérémonies officielles, il cède le pas au prévôt, premier dignitaire.

 

       C'est le prévôt qui nommait aux canonicats sauf deux dits "de prime" conférés aux chanoines de prime choisis parmi les plus méritants des chapelains.

 

       Le 24 février 1776, le roi de France reçoit de Pie VI la nomination aux canonicats vacants en février, mai, août et novembre, le Pape se réservant les mois de Janvier, Avril, Juillet et Octobre. Le prévôt conserve cependant le titre de collateur ordinaire. Sauf pour quelques prébendes, la prêtrise n'est pas condition nécessaire à la réception des chanoines.

 

        A la fin du XVIII ème siècle, on réunit une prébende canoniale à la cure de Seclin. Tous les biens qui formaient le gros de la cure sauf le presbytère, sont alors ôtés au curé en vue de la dotation d'un vicaire, le revenu de la cure est constitué par la prébende canoniale. Le desservant jouit de tous les  droits utiles et honorifiques de chanoine et curé; ses devoirs de curé doivent toujours avoir préséance sur ceux de chanoine.

 

       La première fonction des chanoines doit être la célébration des divins offices pour lesquels, sauf les matines dans le cas de sexagénaires et assidus à l'office depuis au moins dix ans, aucune dispense n'est accordée. Ils  sont tenus à résidence et aux réunions du chapitre les lundis et vendredis. Un chapitre général se tient une fois l'an, le jour de la Saint Jean-Baptiste.

 

       Fin XVIII ème, la valeur de chaque prébende est d'environ 1200 livres. La résignation et la permutation sont possibles. En 1781, le chanoine Bulstrode permute son canonicat avec celui du chanoine Duriez. Le chapitre accepte la décision et le prévôt concède la dignité. Un prêtre hollandais, Doran, demande alors le bénéfice de Bulstrode, vacant pendant les mois  de collation royale. Un procès est engagé dont Duriez va sortir vainqueur; les églises de Flandre n'on en effet jamais été soumises au Concordat, le pape est restreint aux canonicats vacants par mort pendant les mois où la collation qui lui appartient.

 

       Puissant seigneur temporel, le chapitre est jaloux de ses droits et prérogatives. Ainsi en 1771, "Messieurs les vénérables et très discrets chanoines de Seclin" ordonnent la réfection du terrier avec rétablissement des omissions et oublis du précédent. Dhénin, arpenteur à Lille s'engage à remonter "aux plus anciens terriers, autres titres et baux particuliers, soit antérieurs, soit postérieurs aux dits terriers". La rénovation complète du terrier doit s'étaler sur cinq ans et doit comprendre "la description précise de la justice et seigneurie de Saint-Piat, les droits de plantis, les servitudes des terres novales, les terrages s'il en est dû au chapitre, la nature des héritages, les noms des occupants et les droits honorifiques dont ces messieurs sont en jouissance dans leur seigneurie".

 

       C'est un exemple typique de la réaction seigneuriale à la fin du

XVIII ème siècle; devant leur appauvrissement, les nobles tentent d'exhumer d'anciens droits féodaux tombés en désuétude et font refaire les terriers, registres où sont consignées toutes les redevances féodales.

 

       Les dîmes, en particulier, donnent l'occasion de nombreux heurts entre le chapitre et les paroisses dont il  est le décimateur. En principe, la dîme aurait dû pourvoir aux services que devait assurer le clergé, mais les gros décimateurs continuent à considérer les revenus des dîmes comme biens ordinaires.

 

       En 1775, Chemy engage un procès contre le chapitre Saint-Piat; le procès va durer plusieurs années, au terme desquelles la paroisse est condamnée à payer la plus grande partie de la reconstruction de son église. Pour ce faire, Chemy doit emprunter 8 000 florins. En 1773, la Flandre Maritime avait réussi à faire mettre l'entretien des églises et presbytères à charge des décimateurs; ceux de Flandre Wallonne avaient réussi à en différer l'application.

 

       En qualité de pasteur primitif, les chanoines ont de tout temps levé toutes les dîmes sur le territoire de Seclin à l'exclusion de tout autre. En 1790, le produit s'élève à 25 600 livres.

 

       La totalité de la dîme d'Attiches appartient à la collégiale ainsi que l'église et les revenus de la fabrique. En 1785, un conflit éclate entre la communauté d'Attiches et le chapitre à propos de la reconstruction de l'église. Le chapitre consent à assurer les frais de bâtiments mais s'approprie les bois du cimetière dont la vente  produit environ 200 louis, et refuse d'abandonner deux années sur six le produit de la dîme. La communauté refuse, le chapitre disposerait ainsi d'un moyen de pression continuel, deux de ses membres ayant droit de séance à l'assemblée communale et aurait un droit d'assistance différent de celui que lui confère le rôle de décimateur. Le procès verbal conclut "sur le danger que l'on court à laisser aux chapitres et mains mortes l'apparence seulement d'un droit".

 

       Ces quelques exemples montrent l'impopularité grandissante de la dîme. Détournée de son but initial, elle sert souvent  à enrichir le décimateur, qui est un des personnages les plus haïs de l'époque. Les chanoines de  Seclin n'échappent pas à cette règle, on accuse la Collégiale de laisse ses églises tombent en ruines, certains presbytères sont  à peine habitables. C'est moins la dîme que l'usage qui en est fait qui exaspère le peuple.

 

       A chaque prébende sont attachés des reliefs et droits seigneuriaux. Les chapelles, Saint Antoine, Le Plouich, Sainte Marie Madeleine, disposent de rendages. Tous ces bénéfices ont aussi des charges, comme le montre l'exemple de la chapelle Saint Antoine de l'église Saint-Piat de Seclin.

 

Chapelle Saint Antoine

Total des terres : 94 cents 50 verges

Charges :

* A l'hôpital de Seclin : 4 rasières 2.5 quarels de blé et 10 sols en argent

* Au Comte d'Avelin, seigneur engagiste de Seclin : 3 rasières  - 3 havots et 3.5 quarels de blé + 2 rasières   - 2/3 de quarels d'avoine + 2 sols et 5 deniers

* Au Chapitre de Seclin : 1 chapon et 13 sols en argent

 

Ce bénéfice est accordé à Antoine Corbion en 1783.

 

       Le bénéfice de Sainte Marie-Madeleine est toujours concédé au chantre de Seclin. Les terres qui doivent rente à la chapelle Saint Nicolas sont chargées d'une double rente à la mort de l'héritier.

 

       Une autre source de revenus est fournie par les offices : office des obits, de l'obédience, des distributions, de Notre Dame, de Ragot, Le Roy.

Exemple de l'office Ragot : le 30 octobre 1642, des lettres du duc de bourgogne accordent l'amortissement de 10 bonniers, 1 quarton de terre en l'échevinage de Seclin donnés au chapitre par le chanoine Jean Ragot pour une fondation qui porta désormais le nom d'office Ragot. Cette fondation comprenait la célébration de cinq messes hebdomadaires à l'autel de Saint-Piat. Le chapitre accepte ces conditions le 17 avril 1645. Plus tard, on découvrit que ces terres étaient grevées d'hypothèques et le chapitre reçut en compensation 400 livres des héritiers de Jean Ragot le 28 avril 1648.

 

En 1513 avait été fondé l'office Le Roy qui avec ceux de Ragot et Notre Dame avaient été annexés à la fabrique de l'église. Leurs revenus servaient à l'entretien et à la fourniture des ornements nécessaires au culte.

 

 

Le chapitre se montre extrêmement pointilleux pour la perception de tous ces droits et rendages. De multiples procès sont engagés avec les bénéficiers ou les particuliers pour des questions de bornage ou de plantis. Le chapitre s'approprie les arbres, les fait éloigner et couper, d'où de multiples conflits, dont l'un en 1785 avec le Comte d'Avelin, qui va durer plusieurs années.

 

Les baux de terres consentis spécifient toujours le paiement par le locataire de toutes les impositions. Pour tous l'échéance est fixée à la Saint Rémy.

 

Malgré tous ses revenus et l'âpreté mise dans la perception, le chapitre se trouve dans une situation financière désastreuse. Ses nombreux procès engloutissent des sommes considérables, comme le montrent les honoraires des procureurs. En 1778, Messieurs ont engagé 23 procès, 45 en 1786 et 51 en 1788. Les chanoines ont recours à des emprunts de plus en plus fréquents et de plus en plus importants. La collégiale, lors de sa suppression en 1790, laisse des caisses vides, de nombreux procès en cours et une situation financière lamentable.


ETAT DE MESSIEURS LES CHANOINES DE  L'EGLISE COLLEGIALE DE SAINT PIAT DE SECLIN

 

Nom des titulaires

Revenus - Charges

Revenus nets

DESBIEZ : prêtre, chanoine et doyen de la Collégiale Saint Piat de Seclin; Bénéficier de chapelles dont l'une située à Vencres et l'autre à Haspres en Hainaut ; de plus prieur de Maillé ou Lignes - district de Tours

 

Revenus : 5 170 livres

Charges :  ----------

 

 

5 170 livres

BRIEZ Alexandre Joseph : chanoine et chantre de Seclin, prêtre âgé de 58 ans, bénéficier de la chapelle foraine sous le titre de la bienheureuse Marie fondée en l'église d'Orchies

 

Revenus : 2 864 livres 10 sols

Charges : ----------

 

2 864 livres 10 sols

DURIEZ Jean Baptiste Joseph : prêtre, chanoine, écolâtre de Seclin, 61 ans

Revenus : 2 435  livres 16 sols 3 deniers

Charges : ----------

2 435  livres 16 sols 3 deniers

 

BOTTIN Martin joseph : prêtre et chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

VANDEVIELLE : prêtre et chanoine de Saint Piat, 74 ans

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

GOSSE François Marie Vinocq : prêtre et chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

LOIZE André  : prêtre, chanoine, bénéficier de la chapelle du St Esprit à St Etienne à Lille et celle de la Trinité, rue des malades à Lille

Revenus : 3 214 livres 17 sols 6 deniers

Charges : 120 livres 8 sols 6 deniers

3 094 livres 8 sols 11 deniers

LEURIDAN Jean-Baptiste : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

DECOURTRAY Henri : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

RIVIERE : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

ROHART Jean François Joseph : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

COGET Jean Baptiste Joseph : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

LAMORAL JACQUERIE Jean Joseph : prêtre, chanoine de Saint Piat âgé de 47 ans

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

MACQUEREL DE QUEMI : prêtre, chanoine de Saint Piat

Revenus : 2 292 livres 10 sols

Charges :  ----------

2 292 livres 10 sols

DEBELLOY : chanoine de Seclin, chapelain de la chapelle St Louis fondée dans la paroisse de Bonneville La Louvet, diocèse de Lisieux et pensionné sur l'évêché de Seez

 

Revenus : 3744 livres 10 sols

Charges : ----------

3744 livres 10 sols

COUPE Jean Louis : chanoine de Seclin, prieur de St Pierre de Limours, diocèse de Paris, bénéficier de la chapelle Notre dame fondée dans le village de la Bretonnière, diocèse de Luçon, et jouissant d'une pension sur l'archevêché d'Auch

 

Revenus : 5 172 livres 10 sols

Charges : ----------

 

5 172 livres 10 sols

 

CARONDELET Louis :  prévôt de Seclin

Revenus : 5 135 livres 18 sols 9 deniers

Charges : 1 261 livres 5 sols

 

3 874 livres 13 sols 9 deniers

 

 

L’abbaye de Phalempin

 

       Il n'existe plus à l'heure actuelle de textes sur l'histoire de l'abbaye de Phalempin. Les documents relatifs à la vie du monastère, mis sous scellés en 1790, ont aujourd'hui complètement disparus. Quatre chroniqueurs du XV ème au XVIII ème nous ont laissé des œuvres sur la vie de leur maison, il s'agit en effet de religieux de l'abbaye.

 

       Le premier dans l'ordre chronologique est François Piétin, né à Lille dans les dernières années du XV ème, il entre très jeune à l'abbaye. Moine zélé, il exerce successivement les fonctions de cellerier, sous-prieur, curé de Phalempin, cette cure a en effet toujours été attribuée à des religieux de l'abbaye, puis curé d'Herrin. C'est un historien de talent qui donne une idée précise de la vie du monastère. L'original de son œuvre "Chronicon Fanopineuse fratris Francisci Piétini authoris"  a été retrouvé en 1842. On lui doit en outre deux autres ouvrages inédits, une description de la descente des châtelains de Lille et la traduction en langue vulgaire de plusieurs ouvrages de Saint Jean Chrysostome.

       Après François Piétin, Denis de Sainet trace l'histoire de l'abbaye jusqu'en 1617 et Florent de Bray la reprend jusqu'en 1688. Enfin la quatrième chronique est l'œuvre d'un religieux anonyme et s'arrête en 1779 à la mort de l'abbé Delobel. Elle semble pourtant n'avoir pas été écrite avant 1789 sous l'abbatiat de Gaspard Charlet nommé le 12 mars 1780.

 

       L'abbaye Saint Christophe est fondée en 1039 par le premier des châtelains de Lille : Saswalon. C'est une abbaye de religieux de l'ordre de Saint Augustin affilié à la congrégation d'Arrouaise.

       A la fin du XVIII ème le monastère se présente comme un vaste enclos de six hectares comprenant les bâtiments, la chapelle, la ferme, les jardins et le verger. L'Abbaye possède 170 hectares de terres labourables, une tuilerie près du bois, un moulin à blé près de Wachemy, une maison au  Plouich et un refuge à Lille. Vendu en 1790 ce refuge rapporte aux moines 50 000 francs. L'abbaye tire de la totalité de ses biens 28 000 florins dont  5000 servent aux pensions. La cure de Phalempin a de plus toujours été occupée par les religieux, tous les titres dus à la cure le sont donc également à l'abbaye. La situation est beaucoup plus saine que celle de la Collégiale.

 

Les rentes et dîmes sont levées régulièrement et ne semblent pas avoir entraîné tous les procès que connaissent les chanoines de Saint Piat. Ainsi le domaine de Lille doit vingt livres parisis par an payables le troisième jour d'octobre, pour une rente héritière. Il paie sans jamais récriminer jusqu'en octobre 1789. La dîme vive des agneaux, veaux et cochons de Phalempin et Herrin, est remplacée par une somme de 24 livres, "sans préjudice au droit que l'abbaye  a de les recevoir en nature".

En Flandre, la coutume était de mettre les dîmes en adjudication chaque année par branches ou cantons plus ou moins étendus. C'est le cas pour l'abbaye dont voici les différentes branches mises en adjudication :

* Branche des champs - 12 bonniers, 4 cents environ compris héritages et jardinages

* Branche de la longue pierre - 23 bonniers, trois quartiers

* Branche de la justice - 40 bonniers, 3 cents

* Branche vers Chemy (ou du grand chemin d'Arras) - 8 bonniers, 11 cents

* Branche du Plouich et d'Empire vers Wattiessart - 7 bonniers

* Branche d'empire vers les prés et bois du châtelain - 17 bonniers, 12 cents

* Branche de la Motte - 10 bonniers, 14 cents

* Branche de la Beuverière - 36 bonniers, six cents

* Branche de la Lorye - 28 bonniers, 3 cents

* Branche de la cense du bois - 28 bonniers, 6 cents tant cingles de bois que de terres à labours.

 

La levée des dîmes ne paraît pas avoir créé de conflits entre les religieux, leurs fermiers et le peuple.

 

Dans les baux de terres consentis par l'abbaye, on retrouve le même souci de précision. Les conditions sont posées, le preneur  tout comme les moines se doit de les respecter, témoin ce bail du 8 mars 1783 entre l'abbaye et Louis Joseph Colette, laboureur à Camphin en Carembault.

 

"Devant Gaspard Charlet, abbé de l'église et abbaye de Saint Christophe à Phalempin et Charles Lepercq, receveur de ladite abbaye…

…Les preneurs seront tenus de payer rendages en mains de l'abbé ou de son receveur, si exactement que deux années ne fussent échues sans la première entièrement payée, à péril de leur bail, si bon semble au bailleur sans procès et sans être tenu à aucun dédommagement pour le temps qu'il restera à faire. Les preneurs seront tenus de décharger les terres de toutes tailles, dixième, vingtième, faux frais et autres impositions mises  ou à mettre, leur bail durant même dans le cas des trois vingtièmes…

…Ils ne pourront couper les haies autour des champs qu'en temps convenable et à coutume du pays, pourront déroyer à condition de bien fumer et cultiver, seront tenus d'entretenir les fossés, chemins, ponts, carrières à leurs périls et fortunes…

…Ne pourront sous louer les terres sans consentement des bailleurs, ne pourront prétendre aucune diminution de leur rendage, que par foudre du ciel ou perte de guerre et que la perte excède la moitié des avesties. Ils devront avertir les bailleurs dans les 24 heures de la perte subie sous peine d'être déchus…

…Ne pourront laisser paître aucun troupeau de moutons que ceux des bailleurs après la moisson…

…Les preneurs ayant des chevaux seront tenus de faire une corvée par an, avec leurs chevaux et chariots pour le service des bailleurs…"

 

Le preneur, Louis Joseph Colette affirmera en 1790 avoir en outre payé une année de fermages à titre de pot de vin.

 

Tous les baux de terre peuvent être calqués sur ce modèle. On voit qu l'abbaye n'a rien laissé au hasard. Les locataires n'ont que peu de cas qui les dispensent du paiement. Avec une telle gestion de leurs biens, les moines de Phalempin évitent les maux que connaissent les chanoines de Seclin.

 

Jusqu'en 1790, l'abbaye perçoit régulièrement ses dus ; les derniers baux de terres sont conclus en 1788 et 1789. En 1790, le maire et les officiers municipaux du lieu arrêtent les comptes de régie ; l'abbaye jouit alors annuellement de 22 000 florins  non compris les pots de vin, y compris les rentes et sous rentes, y compris aussi les rendages et dîmes. Toutes les échéances, tant des terres que des rentes finissent à la Saint Rémy.

 

 

Le dernier abbé de Phalempin est Gaspard Charlet. Nommé en 1780, il ne sera intronisé dans ses fonctions qu'en 1782, à la suite d'une maladie. Très vite, le nouvel abbé va présenter des troubles mentaux qui vont conduire finalement à son internement sous la révolution.

 

Y compris l'abbé Charlet et le prieur Mouret, les moines sont au nombre de treize en 1789, il s'agit des frères Arnaud, Fasnon, Deleux, Deledicque, Carpentier, Laurent, Savreux, Delobelle, Nisse, Lepercq et Dupont le plus jeune né en 1767 et religieux depuis 1788.

 

L'abbaye sera une des premières victimes de la nouvelle législation révolutionnaire.

 

A coté des chanoines et des moines réguliers, on trouve les religieuses Augustines qui assurent le service de l'hôpital Notre Dame à Seclin.

 

 

Les Paroisses du Décanat

 

Trente deux paroisses dont trois dans l'actuel département du Pas de Calais forment le décanat centré autour de Seclin. Ces paroisses sont d'étendue et de richesses très variables.

 

 

Les patrons et décimateurs sont toujours des chapitres, abbayes  ou hauts dignitaires. Ce sont eux qui nomment à la cure, perçoivent les revenus et dîmes. Le curé en est réduit à la portion congrue souvent insuffisante. Le produit des dîmes est détournée de son but initial, l'entretien des ministres et des lieux de culte. Quérable, et la première, la dîme avait en plus l'inconvénient de retarder les travaux, la récolte ne pouvait être rentrée avant le passage du collecteur.

 

Fin XVIII ème, un mémoire est présenté à Dugué de Bagnols alors intendant de la Flandre, en faveur des curés du ressort du parlement de Tournai et contre les décimateurs du même ressort. A la fin du XVIII ème, dans l'immense majorité des  cas, on est encore éloigné de ces exigences.

 

Les revenus des cures sont très inégaux, certaines sont riches, possèdent des terres et des rentes qui assurent au pasteur une relative aisance.

 

Le curé est un personnage important dans le village. Outre les besoins spirituels de ses ouailles, il est chargé de l'état-civil et  surveille l'enseignement. C'est un organe de liaison avec le pouvoir, il lit en chaire les ordonnances royales, on peut le considérer, au XVIII ème comme un des rouages de la monarchie absolue. La religion imprègne toute la vie de ces communes rurales, le curé est un notable respecté que personne ne songe à contester parmi le peuple. Tous les cahiers de doléances affirmeront leur attachement aux curés et à la religion, pas une fois la religion n'est remise en cause. C'est contre ceux qu'il considère comme d'inutiles privilégiés, les décimateurs, que le peuple va s'élever, mais avec ceux-ci, c'est tout le clergé d'Ancien Régime qui va se trouver bouleversé.

 

LISTE DES PAROISSES DU DECANAT

 

Paroisse

Patrons

Décimateurs

Seclin

Collégiale Saint Piat

Collégiale Saint Piat

Avelin

Chanoines de Tournai

Chanoines de Tournai

Ennevelin

Abbaye de St Quentin Dyle

Abbaye de St Quentin Dyle

Fretin

Chanoines de Tournai

Chanoines de Tournai et de St Pierre de Lille

Bersée

Chanoines de St Amé de Douai

Chanoines de St Amé de Douai

Mons en Pévèle

Abbé de St Vaast D'Arras

Abbé de St Vaast D'Arras

Wahagnies

Doyen  du chapitre St Piat

Chapitre de St Piat et Pasteur du village

Thumeries

Doyen  du chapitre St Piat

Chapitre de St Piat et Pasteur du village

Tourmignies

Chanoines de Seclin

Curé du lieu

Mérignies

Abbé de St Vaast D'Arras

Dames de Messines

Abbé de St Vaast D'Arras

Curé du lieu

Pont à Marcq

Abbaye de St Quentin Dyle

Curé du lieu

Sainghin

Abbaye de St Quentin Dyle

Abbaye de St Quentin Dyle

Péronne

Chanoines de Notre Dame à Lille

Chanoines de Notre Dame à Lille

Antreulles

Chanoines de Tournai

Chanoines de Tournai

Attiches

Chapitre de Seclin

Chapitre de Seclin

Phalempin

Abbaye de Saint Christophe

Abbaye de Saint Christophe

Chemy

Chapitre de Seclin

Chapitre de Seclin

Carnin

Chapitre de Seclin

M. Delville à Lille

Chevaliers de St Lazare

Curé du lieu

Annoeullin

Abbé de St Martin de Tournai

Abbé de St Martin de Tournai

Abbé de St Vaast à Arras

Camphin en Carembault

Abbé de St Pierre de Gand

 

Abbé de St Pierre de Gand

Carvin

Abbé de St Pierre de Gand

Abbé de St Pierre de Gand

Prince d'Isenghien

Curé du lieu

Pont  à Vendin

Grands vicaires de Tournai

Grands vicaires de Tournai

Abbaye de Phalempin

Chanoines de tournai

Meurchin

Abbé de St Vaast d'Arras

Abbé de St Vaast d'Arras

Curé du lieu

Bauvin-Provin

Abbé de St Vaast d'Arras

Abbé de St Vaast d'Arras

Curé du lieu

Allennes

Abbé de St Martin de Tournai

Seigneurs du Lieu

Herrin

Abbé de Phalempin

Curé de Phalempin

Chapitre St Pierre de Lille

Gondecourt

Chapitre de Seclin

Chapitre de Seclin

Houplin

Chapitre de Seclin

Chapitre de Seclin

Noyelles

Abbé de St Eloi de Noyon

Chanoines de Notre Dame de Tournai

Wattignies

Evêque de Tournai

Evêque de Tournai

Chanoines de St Pierre

Templemars

Doyen de la Cathédrale de Tournai

Doyen de la Cathédrale de Tournai

Abbaye de Flines

 

 

Revenus de quelques cures du Décanat de Seclin

 

Nom du curé

Biens de la cure

Revenus

 

CHOMBART

 

Curé d'Attiches

Biens fonds de la cure:

3 bonniers affermés

300 et 1/2 des dits bonniers arrentés

menues rentes

rentes en nature

Portion congrue

Supplément  de portion congrue

dîme novale

 

REVENU NET

 

206. 05

38. 15

 

50

 

281. 05

42

 

412

 

FERRET Pierre Antoine

 

Curé de Camphin en Carembault

Dîme année commune

Frais de perception

Produit net de la dîme

 

7 bonniers 965 verges affermés

charges de la Chapelle St Amée

 

REVENU NET

2683. 15

-227. 12. 06

2456. 02. 06

 

536. 11. 03

-117. 07. 06

 

2875. 06. 03

 

D'OCHIN

 

Curé de Bersée

3 bonniers 1/2 affermés

dîme

vive dîme

supplément de portion

charges

 

REVENU NET

225. 15

1520

45

68. 29. 09

-1. 05

 

1857. 19. 09

 

HERMAVILLE

 

Curé de Mons en Pévèle

Bénéficier de la chapelle de St Jean du Blanc Pommier à Doullens et d'une autre en l'église St Etienne à Corbie

 

Bien fonds de 3 bonniers

Dîme commune

Bénéfice de la chapelle du Blanc Pommier

Bénéfice de Corbie

 

 

REVENU NET

 

300

2059. 06. 06

45

12

 

 

2404. 06. 06

 

CARON

 

Curé à Ennevelin

21 cents de terres de bien fonds

dîme annuellement

Vive Dîme

Sous rentes

Supplément de portion

 

REVENU NET

108

1138

15. 10

16. 10

99

 

1377

 

BESNY

 

Curé de Thumeries et de Wahagnies

 

Wahagnies

Bien fonds de 3 bonniers 3cents

Dîme

Charges

Pension du vicaire

Messes à décharger

 

 

Soit

 

Thumeries

1 bonnier 1325 verges de labour

dîme et dîmeron

 

REVENU NET

 

 

213. 07. 06

1600

 

-300

-112. 10

 

 

1400. 17. 06

 

 

155

622. 10

 

2178. 07. 06

Nom du curé

Biens de la cure

Revenus

 

MONNIER

Curé d'Allennes

 

750 verges de labour loués

dîme

dîme novale

vive dîme

 

Incomplet aux archives

 

48

 

SYRO

Curé de Mérignies

 

5 cens de terres affermées

rentes

dîmes

supplément de portion

 

REVENU NET

 

23. 15

25. 10

1196. 05

250

 

1495. 10

 

DUCHATEL

Curé de Sainghin en Mélantois

 

14 bonniers de terres de labour

portion congrue

dîme novale

Charges

Pension du vicaire

Messes à décharger

 

REVENU NET

 

1302

437. 10

24

 

 

508. 15

 

1254. 15

 

DELEMAZURE Pierre

Curé de Noyelles

 

Portion congrue

 

REVENU NET

 

417

 

417

 

DELEMAZURE

Curé de Chemy

 

1 bonnier 950 verges de  labour

supplément de portion

dîme

charges de bien fonds

 

REVENU NET

 

575

187. 10

520

-13. 02. 06

 

825. 12. 06

 

DELEBERGHE

Curé de Gondecourt

 

4 cents de terres affermées

portion congrue

novale depuis le défrichement des marais

 

REVENU NET

 

17. 10

417. 10

668. 15

 

825. 12. 06

 

MASQUELIER

Curé d'Antreulles

 

8 bonniers  7 cents de terres et biens fonds

pot de vin

arrentement

 

REVENU NET

 

633. 05. 03

70. 05

47. 04

 

799. 14. 03

 

BRASSEUR

Curé d'Avelin

 

1 bonnier 100 verges affermés

Rente de 4 rasières d'avoine

Rente de 4 rasières de blé

Dîmeron

Dîme

 

REVENU NET

Le titulaire observe qu'il lui est dû 10 rasières d'avoine par messieurs les prébendés de Tournai dont 6 pour le rachat des novales et 4 pour sous rentes que ces messieurs se refusent cependant à lui payer

 

83. 12. 06

34

12

25

1041. 13. 04

 

1196. 05. 10

Nom du curé

Biens de la cure

Revenus

 

BEAUREPAIRE

Curé de Carvin

 

2 bonniers 1050 verges de labour

Dîme évaluée toutes charges déduites

 

REVENU NET

 

188. 10

1017. 10

 

1200

 

CROMBE

Curé et chanoine de la Collégiale de Seclin

 

Sous rentes et fondations attachées à la cure

Canonicat

 

REVENU NET

 

20. 12.  05 3/4

2692. 10

 

2713. 02. 05 3/4

 

DEMARESCAUX

Curé de Fretin

 

Dîmes

Novales

 

REVENU NET

 

2000. 11

62. 10

 

2063. 01

 

DELAHAYE

Curé d'Herrin

 

11 cents de terres affermées

dîme

de l'abbaye de Phalempin

charges

 

REVENU NET

 

55

1500

125

-42. 07.  06

 

1637. 12. 06

 

PARENT

Curé de Wattignies

 

22 cents de terres affermées

rentes foncières charges déduites

dîme

le titulaire observe qu'il paye au collecteur

 

REVENU NET

 

91

272. 19. 06

750

-93

 

1020. 19. 06

 

MASENGUE

Curé de Tourmignies

 

2 bonniers de biens fonds affermés

rentes en nature

dîmes

charges au clerc

 

REVENU NET

 

135. 10

37. 10

1400

43. 17. 10

 

1529. 02. 06

 

DISCART

Curé de Marc en Pévèle

(Pont-à-Marcq)

 

15 cents de bien fonds

rentes - sous rentes

dîmes

Charges

 

REVENU NET

 

80

15

2475

-1. 01

 

2568. 09

 

 

La convocation des Etats Généraux

 

Le premier janvier 1789, le peuple de France apprend que le roi a décidé de convoquer les Etats Généraux pour tenter de trouver un remède  à la crise  sans précédent que traverse le royaume. En vertu d'une très ancienne coutume, le roi invite ses sujets à rédiger les cahiers de doléances.

 

Il s'agit là d'une véritable consultation d'opinion qui va aboutir à la rédaction de 40 000 cahiers. Il importe dès l'abord d'établir une distinction entre les cahiers du tiers et ceux des ordres privilégiés.

 

Dans le pays de Lille, les nobles désirent garder  la religion d'état mais s'offusquent principalement de voir les bénéfices distribués à des étrangers à la province; d'autres protestent contre la commende et les pensions accordées aux riches abbayes. Certaines revendications des cahiers nobles ont un caractère gallican, ainsi on réclame la création d'un séminaire à Lille, afin que les séminaristes ne soient plus obligés de se rendre à Tournai. Bien que prince étranger, l'évêque de Tournai était admis à siéger aux Etats de la Flandre Wallonne, on réclame la suppression de ce droit jugé incompatible avec sa situation d'étranger.

 

En Flandre Wallonne, les cahiers de paroisse restent modérés et timides. Beaucoup n'ont pas osé exprimer tout haut leurs pensées. La présence d'un représentant de l'aristocratie n'y est souvent pas étrangère, ainsi à Wattignies, le comte de Lannoy, seigneur du lieu assiste à l'assemblée de paroisse avec le curé, tous deux apposent leur signature au bas du cahier. Lors de l'élection qui suit, le comte de Lannoy est élu député. Il n'est pas douteux que sa présence ait influencé les vœux des paroissiens qui se sont montrés moins hardis dans leurs doléances.

 

Les cahiers du peuple se montrent unanimes pour condamner commendes, bénéfices ecclésiastiques, pensions sur les abbayes passées à  des étrangers qui ne résident pas dans la province. La dîme est trouvée exagérée, on demande la limitation de son taux, parfois même, dans les cas extrêmes, sa suppression pure et simple. Les récriminations sont unanimes contre les décimateurs qui négligent leurs obligations, laissent les bâtiments tomber en ruines et abandonnent au curé une part infime de cet impôt qui leur était primitivement destiné. Certains cahiers plus audacieux ne demandent rien de moins que la confiscation des revenus et propriétés monastiques. Les monastères dans leur ensemble sont jugés inutiles, ne correspondant plus à l'esprit du siècle.

 

Le bas clergé quant  à lui, tout en revendiquant la première place pour la religion catholique, est assez proche du peuple par ses aspirations. Il réclame une répartition égale de l'impôt sur tous, dénonce les abus de la commende et l'énormité de certaines pensions. Enfin, les curés attaquent les moines pour lesquels ils réclament des charges hospitalières et enseignantes.

 

Mais aucun cahier ne remet en cause la religion catholique, ni la place qu'elle occupe. Elle doit pour tous rester religion d'état. C'est la structure interne du clergé qui doit changer. Le clergé régulier apparaît comme le plus vivement critiqué. On lui reproche ses revenus, sa vie d'oisiveté. L'idéal monastique ne convient plus au siècle, les réguliers doivent s'intégrer dans le monde. Deux groupes apparaissent déjà après rédaction des cahiers : haut clergé et noblesse, bas clergé et tiers partisans d'une meilleure répartition des richesses au sein de l'église.

       Bailliages et sénéchaussées sont pris pour cadre des élections. Le vote a lieu par ordre. Tous les nobles votent ainsi que les évêques et curés titulaires de bénéfice ou charge paroissiale; les chapitres et communautés religieuses envoient des représentants. L'assemblée du clergé va donc comporter une large majorité de curés, originaires du tiers-état. Pour le tiers, les élections se font à plusieurs degrés avec assemblées primaires. Le 28 décembre 1788, le conseil, en rupture complète avec la tradition, a décidé le doublement du tiers, le nombre de ses députés devant être égal à celui des deux autres ordres réunis.

 

La Collégiale Saint Piat doit, quant à elle, envoyer des députés. Le doyen fixe pour le 13 mars 1789 un chapitre "per singulos" durant lequel il sera procédé à l'élection des deux députés qui devront se rendre à l'assemblée générale à Lille pour le 24 du mois. Ils y porteront les doléances du chapitre, participeront à la rédaction des cahiers de plainte et y voteront pour l'élection des députés aux Etats généraux. Dans cette assemblée du 13 mars, le prévôt aura voix délibérative, sera le premier à dire son opinion, aura faculté d'élire et être élu. Cependant le doyen précise bien qu'il ne s'agit là d'accorder aucun droit nouveau au prévôt, qui lui  assurerait une place parmi les capitulants et moins encore le rôle de président du chapitre. Le 13 mars, Messieurs choisissent unanimement, pour les représenter, Monsieur le Doyen Desbiez et Monsieur le Prévôt Carondelet.

 

Le 24 mars 1789, à Lille, c'est le début des opérations électorales pour la Flandre Wallonne. Le clergé élit trois députés : Guillaume Florentin de Salm-Salm, prince évêque de Tournai, Martin François Dupont, curé de Tourcoing et François Louis Carondelet, prévôt du chapitre de Seclin. Les deux suppléants sont le chanoine Gosse, curé de Comines, et Pierre Louis Nolf, curé de Saint Pierre à Lille.

 

Dès le 15 mars, une assemblée préparatoire de la noblesse avait protesté contre la convocation de l'évêque de Tournai, "prélat dont le bénéfice est hors du royaume" et que les cahiers de doléances jugeaient "inhabile à siéger aux Etats particuliers de la province et aux Etats généraux du royaume". Le 27 mars, la noblesse proteste auprès du clergé contre l'élection possible de Monseigneur de Salm-Salm. Le garde des sceaux ordonne de passer outre. Le 3 avril 1789, l'évêque est élu par 158 voix contre 46. Le 6 avril, la noblesse rédige un mémoire de protestation. Le 7 avril, c'est le tour des ecclésiastiques "au nom du clergé de la Flandre Wallonne", mais leur opposition ne fait pas l'unanimité. Le clergé du bailliage de Douai, la noblesse et une partie du clergé du bailliage de Lille sont contre l'évêque.

 

En fait,  l'évêque est étranger par la naissance, le domicile et le serment qui le lie à l'empereur. Il va s'efforcer de prouver qu'il est véritablement français en montrant ses actes de juridiction prouvant l'acquittement des charges prescrites. Il est aussi évêque de Lille.

 

L'évêque d'Ypres, le prince d'Argberg avait été aussi élu député du clergé de la Flandre maritime. En tant que prince étranger, il se trouvait exactement dans la même situation que l'évêque de Tournai.

 

Le matin du 14 juillet 1789, sur un rapport de Merlin de Douai, l'assemblée discute de la validité de l'élection des évêques d'Ypres et de tournai. L'évêque de tournai défend en personne son élection. Interrompue par les évènements parisiens, la discussion reprend le 20 juillet. Par 408 voix contre 288, les deux évêques flamands sont exclus et remplacés par leurs suppléants, Guillaume Vandenbavière, curé de Terdeghem pour l'évêque d'Ypres, et Pierre Nolf pour l'évêque de Tournai.

 

L'Assemblée Nationale avait invoqué les intérêts supérieurs de la nation. L'Etat n'est pas dans l'Eglise, mais l'Eglise dans l'Etat. La  théorie de la souveraineté nationale se heurte déjà à des nécessités pratiques.

 

Le 2 mai 1789, les députés sont présentés au roi, le 4, ils se rendent en procession solennelle à l'église Saint Louis. Le 5mai, les Etats Généraux s'ouvrent dans la salle des menus plaisirs, désignée sous le nom de salle des trois ordres. Le clergé compte 290 membres dont 48 archevêques ou évêques, 35 abbés ou chanoines, 204 curés et 3 moines. Les premières discussions ont lieu au moment de la vérification des pouvoirs, le 17 juin l'assemblée devient Assemblée Nationale, le 20 juin c'est le serment du Jeu de Paume, le 23 l'assemblée déclare l'inviolabilité de ses membres. Elle se divise en bureaux après fusion des trois ordres et commence à délibérer.

 

Le 30 juin à Paris a lieu l'assaut de la prison de l'abbaye où étaient emprisonnés des gardes français. Le 11 juillet, Paris apprend le renvoi de Necker, le 14 c'est la prise de la Bastille, symbole de l'arbitraire et de l'absolutisme royal. L'ancien régime politique s'est écroulé en même temps que la vieille forteresse.

 

Tous ces événements parisiens qui se sont succédés à un rythme extrêmement rapide, sont mal connus et parfois même complètement ignorés en province.

 

A Seclin, les registres du chapitre sont muets sur les évènements depuis le 5 mai, tout comme ils le seront ensuite sur ceux du 4 août qui les frappent pourtant directement. Dans de nombreuses paroisses, des messes et des prières publiques sont célébrées, ainsi à Antreulles où à la fin de juillet 1789, le curé Masquelier célèbre une messe pour la paix du royaume. Le peuple souhaite la fin de l'agitation et de la violence qui apparaît comme l'entreprise de quelques exaltés. Cependant, les premières répercussions de la situation parisienne se font sentir; des paysans rechignent dès la fin de juillet à payer les dîmes, c'est le cas pour plusieurs laboureurs de Pont à Marcq et Annoeullin.

 

C'est à ce moment que se situe ce phénomène de panique collective qu'est la Grande-Peur. Les paysans recommencent dans tout le royaume une nouvelle jacquerie. Dans le Nord, ce mouvement ne connaît pas l'ampleur de certaines autres provinces, telles que la Bourgogne et le Mâconnais. Fin juillet, les chanoines de Tournai se plaignent qu'ils ne pourront lever les dîmes sans l'intervention de l'assemblée elle-même. Un peu partout les paysans en armes, sèment la panique, des châteaux sont assiégés, c'est la destruction des registres seigneuriaux et des terriers dans de nombreuses régions. La paysannerie du Nord se montre beaucoup plus calme. On ne connaît que peu d'actes de violence.

 

Tous ces troubles aboutissent dans la nuit du 4 août à la fin de l’Ancien Régime Social, avec l’abolition du système féodal. Toutes les charges personnelles sont supprimées sans compensation. Le 11 août, l’assemblée déclare les dîmes rachetables, elles restent toujours exigibles jusqu’à leur rachat.  L’abolition définitive ne sera votée que le 15 mars 1790, la collégiale Saint Piat va pourtant continuer de les répartir jusque juillet 1790.

 

De son coté, la suppression des juridictions seigneuriales va aussi entraîner des frictions. Le 26 septembre 1789, le comité de la ville de Seclin demande au chapitre de renoncer pour un temps et sans préjudice de ses droits, à l’exercice du droit de police, tel que visites de cabaret et autres. Le marquis d’Avelin, seigneur de Seclin, fait pareille renonciation. « Voulant contribuer au bon ordre et éviter la confusion… » , Messieurs abandonnent volontiers au comité de la ville de Seclin leur droit de police pour un temps sans préjudice à leurs droits pour l’avenir. C’est la seule mention d’un changement sur le registre, les autres évènements sont passés sous silence.

 

En décembre, le chapitre renouvelle des baux de terre, lève les dîmes, vend des arbres à Avelin et Tourmignies. Pour le clergé, ces troubles apparaissent comme passagers et les renonciations ne sont que provisoires. Le 27 octobre 1789, à Seclin, ont lieu de nouvelles prières publiques pour la paix du royaume.

 

L’espoir soulevé par la convocation des Etats Généraux a été tel que le clergé, tout comme le reste de la nation, n’imagine pas qu’on puisse porter atteinte à ses privilèges et à ses libertés. Cependant les Constituants ont déjà montré qu’ils entendent subordonner l’Eglise à l’Etat ; ils l’ont montré par l’exclusion des évêques flamands, par la restriction des droits de justice et de police, par la suppression des dîmes. Une nouvelle mesure en cette fin d’année 1789, va frapper le clergé et le dépouiller de ses revenus, c’est la nationalisation des biens du clergé du 2 novembre 1789.

 

 

De la nationalisation des biens du clergé à la suppression des monastères

 

       Les biens du clergé dans le royaume étaient immenses. Juridiquement, le clergé n’était pas le propriétaire des biens dont il jouissait. L’Etat pouvait en modifier la destination, les séquestrer ou les vendre sans qu’on pût l’accuser d’être ennemi de l’Eglise.

 

       Le concordat n’était pas en vigueur dans les Pays Bas, mais le Roi y introduisit la commende et s’empara des biens des Jésuites. Le pays flamand était riche en terres ecclésiastiques dont les habitants désiraient conserver le bénéfice. Les cahiers demandaient qu’en cas de vente, aucune partie ne le soit hors de la province. Les biens se répartissaient entre les différents membres du clergé de la façon suivante :

 

Haut Clergé Séculier et  Régulier

80 à 90%

Collèges et Universités

2%

Cures et Fabriques

10%

Fondations Charitables / Tables des pauvres

8 à 10%

 

       L’assemblée trouve une situation financière lamentable. Rappelé après la prise de la Bastille, Necker ne peut que constater la banqueroute. Le vote du sacrifice patriotique, soit un quart du revenu de chaque citoyen, n’est qu’une ressource passagère et il faut bien davantage.

 

       Le clergé, par la voix de l’évêque d’Uzès le 4 août, s’était affirmé comme dépositaire et non propriétaire de ses biens.

 

       Le 29 septembre, évêques, curés, chapitres, abbayes, et communautés des Flandres sont invités à porter à l’Hôtel de la Monnaie à Lille pour la faire convertir, toute l’argenterie qui ne serait pas nécessaire au service divin. Des lettres du ministre La Tour du Pin et du prince évêque de Salm Salm encouragent cet avis. L’évêque de Tournai abandonne une partie de ses richesses, mais il est trop tard, depuis le mois d’août le mécanisme s’est enclenché de façon irrémédiable.

 

       Le 10 octobre 1789, l’assemblée envisage la spoliation des biens du clergé, et l’évêque d’Autun, Talleyrand, propose de mettre les biens du ecclésiastiques à la disposition de la nation. La Constituante décide le retour de ces biens à la nation qui, jadis, en avait fait le dépôt. Le clergé se prétend alors propriétaire au nom de la prescription de l’intérêt du culte, des hôpitaux et des pauvres. Le 2 novembre 1789, par 568 voix contre 346, les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la nation, avec obligation pour les chefs de communauté de faire dans les deux mois une déclaration de propriété. L’Etat s’engage à pourvoir de manière convenable aux frais de culte, d’entretien des ministres et des hôpitaux. Les biens communaux et les terres d’émigrés sont aussi déclarés biens nationaux dans une seconde étape.

 

       Deux camps se créent aussitôt dans le clergé qui condamnent ou approuvent les décrets. Le clergé du Hainaut élève une protestation et désavoue ses députés.

 

       L’Etat décide d’émettre un papier monnaie au cours forcé, l’assignat, reçu de préférence pour le paiement des biens nationaux. Dépouillé de ses biens, le clergé est indemnisé par un traitement versé à tous ses membres, 77 millions sont ainsi inscrits au budget pour les dépenses du culte et du personnel de l’église.

 

       Ainsi la vente de ces biens qui jusqu’à présent, même si elle apparaissait souhaitable, n’avait été réclamée ouvertement par aucun des cahiers de doléances, était maintenant chose faite.

 

       La suppression des dîmes avait déjà porté un coup sensible aux couvents et abbayes, la nationalisation des biens les avait ruinés, un nouveau décret va condamner le clergé régulier à une mort lente mais certaine, c’est celui sur la sécularisation des monastères et la suppression des vœux monastiques.

 

       Le 28 octobre 1789, la constituante interdit provisoirement l’émission des vœux solennels dans les couvents ; le 5 janvier 1790, les biens des religieux résidant hors de France sont mis sous séquestre ; le 5 février, tous les bénéficiers sont obligés de faire connaître dans le délai d’un mois le nombre et les lieux de leurs bénéfices. Enfin le 13 février1790, l’assemblée décide l’interdiction définitive des vœux monastiques et condamne ainsi à une mort certaine le clergé régulier. La sanction légale est même refusée aux vœux antérieurement admis.

 

       Les moines et religieuses seront réunis dans des établissements conservés, les autres étant immédiatement mis en vente. En effet, le 17 mars, les biens monastiques sont cédés aux municipalités qui les revendront elles-mêmes aux particuliers. Le 20 mars a lieu l’inventaire des biens et des personnes de chaque couvent et le 17 avril, l’administration de tous les biens ecclésiastiques est confiée à l’autorité civile.

 

       A la fin de 1790, on peut dire que toute l’institution monastique du royaume est anéantie, les moines ont tout perdu. Quant au peuple, rassuré du maintien des religieuses hospitalières et enseignantes, il ne se manifeste pas. Il ne déplore le départ des religieux que lorsque celui-ci entraîne la perte d’un service public, assistance ou enseignement.

 

       L’abbaye de Phalempin est désignée comme maison refuge, avec les abbayes et couvents de Vicoigne, Cysoing, Homecourt, Château l’abbaye, Hasnon, Crespin, Vaucelles, Liessies, Haumont, plus quelques couvents de moindre importance. Ceux qui habitent dans des maisons autres sont tenus de les quitter dans les 15 jours. Depuis le 1er avril 1791, les maisons refuges doivent être prêtes à recevoir les moines. Les religieux de Phalempin doivent se rendre à Hasnon, leur abbaye est désignée comme lieu de regroupement pour les Carmes de Lille, Valenciennes, Saint Laurent, Landrecies et Trélon.

 

       Les moines de Phalempin ont affirmé leur volonté de rester dans leur maison. L’abbé Gaspard Charlet « tout indisposé » et qui depuis 1780 est en fait atteint de troubles mentaux, désire mourir à Phalempin ; même chose pour le prieur Mouret qui désire rester en communauté à Phalempin.

 

       En cas de suppression, nombreux sont ceux qui désirent le retour à la vie privée, ainsi Hasnon, Deleuse, Deledicque, Carpentier, Laurent, Favreux, Delobelle, Lepercq, nisse. Un seul d’entre eux, le plus jeune, Dupont né en 1767 et religieux depuis 1788, désire également rester dans sa maison, mais consent à aller demeurer dans une autre du même ordre « si l’auguste assemblée décide que la sienne n’existera plus ».

 

Le vicariat de tournai répond à une lettre du père Delobelle, que mieux vaut garder la vie commune jusqu’au dénouement. Mais fin juin 1791, le Pape accorde aux religieux persévérants l’autorisation de rentrer dans la vie privée, dès lors que leur couvent dissous, ils sont contraints de se retirer en d’autres maisons avec des membres de congrégations différentes.

 

Les maisons de réunion s’organisent tant bien que mal, souvent dans le dénuement, la vie commune se réorganise et les couvents élaborent un règlement tel celui des Carmes réunis à Phalempin (voir annexe).

 

Ainsi dès les débuts de la révolution, le clergé régulier est détruit. Il est la première victime de la nouvelle législation religieuse. Faute d’avoir su se réformer, il apparaissait à beaucoup de contemporains comme inutile et scandaleusement riche, ce qui explique l’indifférence quasi générale qui accompagne sa disparition.

 

 

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